La philo à l'école, c'est d'abord l'apprentissage d'une attitude laïque. C'est-à-dire pour les enfants, à la fois défendre ses idées tout en restant à l'écoute de l'autre, savoir remettre en cause ce que l'on pense. C'est également apprendre à dire calmement son opinion même si le groupe n'est pas d'accord. Il s'agit de travailler trois axes fondamentaux de la pratique philosophique : argumentation, problématisation et conceptualisation. Pour les enseignants, la philosophie à l'école correspond à un état d'esprit, il s'agit d'ouvrir la classe aux échanges de pensées. Alors que la pratique de la philosophie tend à disparaitre en classe de terminal, la pratique du débat démocratique doit être encouragée en primaire car c'est également un engagement par rapport à l'école.
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La première réunion de l'année 2008-2009 est l'occasion d'accueillir de nouveaux participants et de décider d'une part des thèmes sur lesquels réfléchir et d'autre part de la façon de travailler. Ainsi les nouveaux membres du groupe s'interrogent sur la démarche philosophique, qu'est ce que c'est ? Existe-t-il un cadre précis ? Comment la philosophie s'inscrit concrètement dans un cadre scolaire, par rapport aux horaires, à la matière... Les plus anciens, en pratique et dans l'échange sur leurs fonctionnements, souhaitent continuer à réfléchir sur différents thèmes. D'abord la méta position de l'adulte (évolution de la position), pendant les temps philo. Comment impulser auprès des élèves la manière d'apprendre. Comment créer les conditions du débat et prendre du recul, comment l'animer et se retirer de plus en plus ? Quelle place et rôle donner, laisser aux enfants dans l'animation des moments philo.
Autre piste de réflexion, celle de creuser l'idée de "transfert". Comment faire pour que les enfants soient « habités » par la philosophie au-delà du moment philo, dans la cour, la rue, chez eux...Que les pratiques soient vivantes en dehors de l'espace classe. Pourquoi existe-t-il un tel décalage entre l'expression et l'action. Pendant les débats les enfants ont un discours formidable, avec des expressions magnifiques, le respect de l'autre, l'aide... ces moments sont très forts en terme de ressentis. Par exemple, un thème récurent est celui de la violence. La question à se poser « qu'est ce qu'être violent » revient à « on sait qu'il ne faut pas l'être ». Or la définition de la violence n'a pas le même sens pour tous. Dans le cours de moral s'exprime le fait que la violence existe, qu'il ne faut pas se battre, mais une fois dans la cour « on se tape dessus ». Les questionnements des adultes fusent : comment gère-t-on cela ? Sommes-nous face à un échec ? Quels obstacles, intérêts, conflits, d'où viennent-ils ? Comment transférer ce qui se vit dans le moment philo de la classe au minimum dans le reste de la vie de la classe, de l'école, dans la vie tout court !
Si les sujets sont forts, la méthode est également au coeur de la réflexion du groupe. Il faut continuer d'échanger sur nos pratiques. Car l'expression des diversités relance la motivation. L'intérêt de se retrouver en groupe de travail est fort et le vécu des uns sert aux autres, chaque histoire alimente la réflexion de chacun et modifie les attitudes et approches. Donner des définitions, des références, permet de les confronter, de s'interroger sur ses propres pratiques puis de les varier. Cela fait émerger ses propres stratégies, les conscientise, les rends plus efficaces. Car partager permet de découvrir qu'il existe des stratégies et de choisir la meilleure ! Pour garder des traces ou appuyer son propos, une fiche synthétique d'une page complète chaque présentation individuelle. Elle présente ce qui a été fait, la classe concernée et les résultats obtenus. Elle est diffusée à chaque membre du groupe pour lui permettre de se constituer une base documentaire.
Les enfants sont marqués par la pratique du débat philosophique, ils progressent régulièrement et c'est bien la confirmation de l'intérêt et de la place du débat philosophique en primaire. Si l'objectif éducatif quantifiable est de développer des pratiques de métacognition (évolution de la connaissance), quels outils éducatifs quantifiables sont à définir pour voir si les enfants individuellement, évoluent ou pas ? Quelles développements, quels impacts sur les apprentissages, quels progrès, quels comportements sociaux et compétences. Pour le groupe, mettre en place des critères individuels communs est un nouveau chantier qui s'ouvre. Rendez-vous à l'école Jacques STURM à Strasbourg, un mardi toutes les sept semaines (le temps d'un cycle scolaire) de 17h30 à 19h 30 après la classe et l'aide au devoir !
Collège Hans Arp 16 rue Van Eyck 67200 Strasbourg • Contact : Claude Escot (pilote du groupe) 06 75 15 50 52 • Rédaction : Nathalie Froissart